Ouf, quel soulagement ce fût de me glisser dans mon lit mardi soir (ou plutôt mercredi matin...) à 2h ! Longue et éprouvante journée ! Je vous raconte.
Nous avons pris la navette de l'hôtel à 9h, direction aéroport. Un gentil monsieur tombé du ciel nous a accueilli à notre arrivée et s'est chargé de nos bagages. Après avoir payé les taxes de départ, nous nous sommes dirigés vers la file d'attente pour l'enregistrement et en voyant la longueur de celle-ci, je me suis dis que je n'y arriverais pas. Je me sentais terriblement faible et j'avais des étoudissements (une diarrhée qui dure, ça vient que ça épuise !), notre gentil monsieur m'a donc trouvé une chaise roulante et a décidé que mon état et nos 3 enfants méritaient sans doute que nous passions devant tout le monde. On s'est donc évité non seulement une bonne heure d'attente mais on a aussi eu des meilleures places que si on était passé après tout ce monde ! À défaut d'avoir les places où on a personne devant nous et accès à un petit lit pour bébé, on nous a donné des places avec un siège libre à côté...pratique avec des bébés mais quand même à l'étroit. Ah, j'oubliais, quand on m'a demandé si j'aurais besoin d'une chaise roulante à Newark et Québec, j'ai dit oui sans trop savoir comment je me sentirais alors... Je me suis dit qu'on y gagnerait probablement que des avantages, et j'avais bien raison !
Revenons au vol San Jose-Newark. 5h30 de vol. Départ avec une vingtaine de minutes de retard, pas cool si on considère que l'escale à Newark n'est que de 1h50, que cet aéroport est immense, que nous devons passer aux douanes, récupérer nos valises, s'enregistrer à nouveau, changer de terminal, passer au détecteur de métal (chez les Américains c'est toujours plus long...). Mais bon, on fait confiance en la vie... La première partie du vol s'est bien passé, les gars ont dormi un peu, Delphine a joué mais ne semblait pas vouloir dormir, elle s'est finalement endormie mais s'est réveillée une demie-heure plus tard en hurlant et se débattant. Incapable de la maîtriser, elle se débattait et hurlait comme un diable dans l'eau bénite pendant un bon 10-15 minutes pendant lesquelles tout le monde nous regardait et y allait de bons conseils : "Va te promener avec elle" Ben oui, pour assommer tout le monde le long de la rangée ! "Elle doit avoir mal aux oreilles, donne lui de la gomme" Allo ! elle a 2 ans, elle hurle au meurtre et semble dormir, elle va s'étouffer avec ! (quoique avec du recul, je réalise que c'est peut-être ça que la madame souhaitait...) La suce, du jus, de l'eau froide dans le visage, la pincer pour changer le mal de place, rien n'y faisait. C'était assez angoissant de la voir comme ça, elle semblait en plein cauchemar ou encore se tordre de douleur. On se savait vraiment pas quoi faire, c'est finalement le temps et son papa qui lui a parlé d'Annie Brocoli qui ont eu raison d'elle. Elle s'est affalée sur son père, épuisée, mais ne s'est même pas endormie. Elle est au contraire revenue à la vie, bien en forme et nous a épuisé pour le reste du voyage avec son babillage incessant. Elle ne tenait plus en place et était étourdissante. Ça avait au moins l'avantage d'amuser ses frères qui ont somme toute bien fait ça même s'ils n'ont presque pas dormi du reste du voyage. Ajoutez à ça la chaleur, le manque d'espace d'un avion, un bébé sur soi en permanence, un mal de ventre et de coeur et vous avez une mère au bord de la crise de nerf et pas fière d'être la mère de la petite énervante du vol (à l'aller, il y avait une petit énervant derrière nous et j'en voulais un peu à ses parents de ne pas être capable de le tenir en place...mea culpa). Ma mère si patiente était elle aussi bien à boute de sa petite fille !
Près de Newark, le pilote nous a annoncé qu'on devait attendre notre tour pour atterir et qu'on devait tourner une dizaine de minutes en rond....On est donc descendus de l'avion 1h10 avant le départ de notre autre vol...tout le monde s'entendait pour dire que nous n'y arriverions sans doute pas mais on voulait tellement dormir chez nous qu'on a décidé de tenter notre chance. Tellement de gens de notre avion devaient prendre le vol pour Québec qu'on se disait naïvement qu'ils nous attendraient peut-être. C'est ici qu'on s'est félicité d'avoir demandé une chaise roulante pour bénéficier de queques privilèges... Elle m'attendait avec la poussette et le sac porte bébé à la sortie de l'avion. Il y avait même un préposé pour me pousser (Seb était préposé à la poussette et aux bagages, ma mère avait un bébé dans les bras..) On installe donc tout notre monde et on part. Heureusement qu'on avait notre ami pousseur pour nous guider dans cet énorme aéroport ! Je ne sais plus dans quel ordre on a tout fait ça mais grosso modo, on a pris au moins 4 ascenseurs, récupéré nos milions de bagages et dû prendre un porteur pour grossir encore nos rangs ! On est passé aux douanes en cherchant le ti maudit papier qu'un autre monsieur nous avait remis avant et comme on ne le trouvait pas, on est passé par une autre porte où normalement, on aurait dû se faire fouiller de fond en comble, je vous laisse imaginer notre désarroi, c'était alors clair qu'on ratait notre correspondance. Mais les douaniers devaient être aussi découragés que nous de devoir fouiller tout ce monde et tout ces bagages, ils ont dû se dire qu'on n'avait pas tellement l'air dangereux avec nos mines découragées alors ils nous ont laissé poursuivre notre course folle vers l'autre terminal. On a manqué de 2 secondes le train aérien qui a donné le vertige à Sébastien pour finir en beauté ! Nous n'avons eu droit à aucun passe droit au détecteur de métal. Tout le monde enlève ses souliers, même les enfants ! Sors les enfants de la poussette et du porte-bébé. Mets tous les bagages dans les rayons X. Vide tes poches. Passe au détecteur. Rhabille tout le monde. Rembarque les marmots dans la poussette, la mère dans la chaise roulante, l'autre bébé dans le porte bébé. Refais la pyramide de bagages qui tient en équilibre précaire sur la poussette, alouette ! (petite note aux agents américains qui devraient aller faire un stage auprès des agents de San Jose qui ne m'ont même pas fait lever de ma chaise, qui n'ont pas déchaussé Delphine ni levé de la poussette : des terroristes qui se déguiseraient en famille pour attaquer un avion ne s'embarrasserait pas d'autant de bagages et se contenterait probablement d'un seul enfant...quoiqu'on peut cacher plus d'explosifs dans 3 couches que dans une seule, tiens, ils n'ont pas pensé à ça, ils n'ont même pas fouillé les couches !)
Cette course folle aura duré 1h45 ! On est arrivés à la porte d'embarquement essouflés et on devait avoir une drôle d'allure parce que des dizaines de paires de yeux se sont tournés vers nous, intrigués de voir cette longue prossession formée de 7 personnes dont 3 enfants, une poussette, une chaise roulante et des tonnes de bagages (que l'essentiel je vous jure !) Les agents nous ont appris bien calmement que le vol avait été retardé d'une heure....Malgré ce retard, il ne nous restait seulement qu'une trentaine de minutes pour aller aux toilettes, changer les enfants de couches, les mettre en pyjama, faire et donner des biberons, alléluia ! Nous sommes embarqués dans l'avion épuisés mais heureux de penser que nous dormirions dans notre lit. C'est avec un Gaël hurlant que je me suis assise dans l'avion miniature et surchauffé. J'ai alors réalisé qu'il était 21h à l'heure du Costa Rica, que j'avais dîné à 11h, que je n'avais pas soupé et j'ai compris pourquoi j'étais un peu faible. Gaël s'est finalement endormi d'épuisement après avoir pleuré toutes les larmes de son corps. C'est les bras endoloris que je suis sortie de l'avion après ce petit vol d'une heure et demi.
En entrant dans la maison, j'ai eu la drôle d'impression de la voir pour la première fois, je l'ai trouvé grande ! J'étais triste de revenir au Québec mais heureuse de retrouver mon petit nid et surtout une douche chaude qui crache pas mal plus que celle de la maison à Cahuita. C'est avec un grand bonheur que j'ai retrouvé mon lit douillet qui sentait bon et était sec (les draps ne peuvent pas faire autrement que d'être un peu humides dans un coin où le taux d'humidité est d'à peu près 95% !) Les enfants ont bien dormi mais ma nuit à moi a été un peu troublée par quelques visites à la toilette (vous ne savez pas à quel point je suis tannée !!!) Je me suis à nouveau rendue chez le médecin dès le lendemain. Il semble que ce soit seulement une gastro qui perdure. Je suis donc sur les antibiotiques et en voie de guérison. Mon chum prend soin de moi pendant que je reprends des forces. C'est moi qui reprend du service dès lundi prochain avec le retour au boulot de Sébastien. J'ai intérêt à être en forme parce que j'ai beaucoup de choses à faire et 2 petits loups qui bougent de plus en plus !




4 commentaires:
Bon retour parmi nous! Que de péripéties mais racontées d'une façon tellement drôle... dire que la course des transits nous avait tellement épuisés en Europe, avec Laurélie, c'était facile pour moi d'imaginer! Mais, au final, quelle belle aventure!
Promt rétablissement et faites-nous signe quand vous serez rétabli et aurez repris la routine! À la prochaine, Christine
Oh la la! Quel retour!
Ça me rappelle quelques souvenirs, course folle et diarrhée on en a eu notre lot aussi à notre retour de Liberia, mais bon on avait qu'une toute petite avec nous, je ne sais pas si j'aurai le courage, ou l'optimisme nécessaire pour refaire la même chose lorsque les jumeaux seront là...
Prend soin de toi,
Natalie
WOW! Quelle aventure! mais pour mettre un baume, je peux te dire que les douaniers américains ont même fouillé la couche d'Edouard lorsqu'il avait 3 mois... Ils sont fous ces américains!
Merci pour ce merveilleux journal de bord, il nous a fait passer l'hiver plus vite...
Reviens vite à la santé.Tu m'as fait tellement rire car Kim et moi avons vévu du semblable lors de notre voyage à Phoenix. Le cauchemar des douanes avec Josh et Sydney et la poussette remplie du strict necessaire, les explosifs supposement dans les bouteilles du bébé nous ont valu de presque manquer notre avion. C'est parfois de la pure folie cette sécurité. A la prochaine
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