En écrivant un commentaire sur le blog de
Marie, wannabe md, j'ai décidé d'en faire un billet parce que c'est un sujet qui me touche particulièrement. Elle traite de césariennes mais pour moi le sujet est plus vaste. Je pense qu'on peut généraliser en parlant de la surmédicalisation des grossesses et de notre peur en tant que société de la douleur des accouchements, de notre désir de vivre cette étape pourtant cruciale et si importante le plus rapidement possible et sans douleur comme si on se faisait arracher une dent !
C'est indéniable que la médecine a fait des progrès immenses qui ont permis de réduire les cas de mortalité infantile et de la mère mais je déplore le fait qu'on surmédicalise aussi les grossesses dites "normales". On aborde l'accouchement comme une maladie, on voit le pire qui peut se produire, on voit la douleur comme quelque chose d'insurmontable et qu'il faut absolument éviter. Accoucher, ça fait mal c'est vrai, mais il y a des moyens naturels de passer à travers cette douleur (sécrétion d'endorphines, confiance en les gens qui nous entourent, atmosphère calme et paisible, massages, relaxation, etc.) et cette douleur là est à mon avis nécessaire pour accompagner notre enfant qui lui aussi souffre de vivre ces contractions et de passer à travers un si petit tunnel ! Nécessaire aussi pour savoir quand pousser et pour savoir comment bouger pour permettre au bébé de descendre. J'ai accouché naturellement de mon premier bébé et je suis ressortie de cette difficile mais si belle épreuve, plus forte, confiante en mes capacités d'être mère. C'est diffficile de devenir maman, de s'occuper de son nouveau-né, de passer des nuits blanches, d'avoir mal au sein lors de la montée laiteuse mais on se dit que si on est passé à travers l'accouchement, on est capable de tout ! et c'est la beauté d'être femme et de donner la vie ! La médicalisation de mon deuxième accouchement (des jumeaux !) m'a laissé amère. C'est comme si on m'avait accouchée plutôt que d'avoir accouché moi-même, on m'a pris en charge et je n'étais plus maître de ce que je faisais. Résultat, j'ai beaucoup souffert de ne pas pouvoir bouger, j'ai eu du pitocin qui ont rendu mes contractions si douloureuses que j'ai été obligée de recevoir deux épidurales parce que j'étais gelée juste à moitié après la première et j'étais morte de trouille pendant les 2 ! Bon, j'ai des bébés en santé alors l'objectif principal est atteint mais je suis heureuse d'avoir vécu l'expérience totale avec ma fille parce qu'il n'y a rien de plus beau !
Pour rien au monde je n'aurais souhaité une chirurgie et tous les risques qui viennent avec. La césarienne doit selon moi demeurer exceptionnelle, quand l'état de la mère ou du bébé le nécessite. On est chanceux d'avoir accès à cette technologie mais on ne doit pas oublier que la nature a fait les femmes pour accoucher et les bébés pour naître par voie vaginale.
Si le sujet vous intéresse, j'avais écrit un texte sur les maisons de naissance et sur mon expérience à Mimosa lors de la naissance de Delphine. Voir maisons de naissances dans les archives .